Un panier qui a doublé sans qu'on s'en aperçoive

Quatre abonnements streaming courants (Netflix, Disney+, Prime Video, blue Sport) coûtent environ 992 francs par an à un foyer suisse, d'après les tarifs recensés en octobre 2025. En France, l'équivalent revient sensiblement moins cher pour au moins l'un de ces services. Comparé à un bouquet TV classique, l'écart de prix s'est resserré ces derniers mois.

Le calcul que personne ne fait

Netflix a relevé ses tarifs suisses avec effet immédiat en octobre 2025 (RTS, 2025). Disney+ a fait de même dans l'année, en ajoutant un palier moins cher mais financé par la publicité (internet-offer.ch). Ces hausses s'enchaînent sans grande annonce.

Le résultat passe souvent inaperçu, car chaque plateforme facture séparément. Or l'addition ampute directement le budget loisirs du foyer, celui qui couvre aussi les sorties ou les abonnements sportifs. Peu de foyers font ce calcul consolidé une fois par an. C'est justement ce qui laisse les prix grimper sans réaction proportionnée des abonnés.

Quatre plateformes, une facture qui grimpe

Pour un foyer suisse type, la facture mensuelle s'additionne poste par poste. Netflix Standard s'élève à 22,90 francs par mois depuis la hausse d'octobre 2025 (RTS). Disney+ Standard sans publicité coûte 14,90 francs, contre 7,90 francs pour la version avec publicité (internet-offer.ch). blue Sport, l'option pour suivre le football et le hockey suisses, revient à 34,90 francs par mois avec un engagement de douze mois (blueplus.ch). Prime Video, inclus dans l'abonnement Amazon Prime, ajoute 9,99 francs (internet-offer.ch).

Ces quatre lignes cumulées atteignent 82,69 francs par mois, soit 992,28 francs par an pour un foyer qui garde les quatre abonnements toute l'année. En France, le même Netflix Standard sans publicité coûte 14,99 euros par mois, contre 22,90 francs en Suisse (jechange.fr).

A hand holding a TV remote in front of a screen with Netflix, perfect for streaming and movie night themes.

Ce que coûtait la télé avant le streaming

Un bouquet TV classique reste moins cher, mais l'écart n'est plus ce qu'il était. Swisscom propose blue TV M, plus de 290 chaînes, à 25,80 francs par mois (internet-offer.ch). Sur une année, cela représente 309,60 francs, très en dessous de l'addition des quatre abonnements streaming calculée plus haut.

La différence atteint environ 683 francs par an en faveur du bouquet TV. Ce montant a fondu ces dernières années. Le streaming était vendu comme l'option économique face au câble, avant que Netflix, Disney+ et les autres ne multiplient les hausses de tarifs entre 2024 et 2025.

Un bouquet TV classique ne remplace pas le catalogue à la demande ni les productions originales des plateformes. La comparaison reste donc partielle. Elle objective malgré tout un fait simple, le streaming n'est plus systématiquement l'option la moins chère pour un foyer qui veut tout regarder.

Les coûts cachés que le calcul simple oublie

Le calcul précédent suppose un compte non partagé, en qualité standard, sans option supplémentaire. Dans les faits, peu de foyers s'arrêtent là. Netflix propose, sur certains marchés, un supplément pour un profil utilisé hors du foyer principal. Passer en 4K coûte aussi plus cher, l'écart entre Disney+ Standard et Premium atteint 6 francs par mois (internet-offer.ch).

Les offres les moins chères, avec publicité entre les épisodes, ne sont pas gratuites pour autant. C'est un autre type de paiement, en attention plutôt qu'en francs.

Rapportée à l'usage réel, la facture change de sens. Un foyer qui regarde ces quatre plateformes une vingtaine d'heures par mois paie environ 4 francs de l'heure de contenu visionné. Le streaming reste avantageux, mais seulement pour qui regarde effectivement ce qu'il paie.

Reprendre la main sur ce budget

Faire l'inventaire des abonnements actifs, une fois par an, reste le geste le plus simple pour reprendre la main sur ce budget loisirs. Comparer ce total au prix d'un bouquet TV unique, ou pratiquer une rotation trimestrielle des plateformes plutôt qu'un cumul permanent, permet souvent de réduire la facture sans renoncer aux contenus recherchés. Pour un foyer suisse qui garde les quatre abonnements toute l'année, l'écart avec un bouquet TV classique reste d'environ 683 francs par an.